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samedi 5 octobre 2013

La couleur des sentiments de Kathryn Stockett




La couleur des sentiments 
Kathryn Stockett




Babel
624 pages
9,70 €









Résumé

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s’occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L’insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s’enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s’exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu’on n’a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l’ont congédiée.
Mais Skeeter, la fille des Phelan, n’est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s’acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l’a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot.
La jeune bourgeoise blanche et les deux bonnes noires, poussées par une sourde envie de changer les choses malgré la peur, vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.


Mon Avis

Le visionnage du trailer "The Help" avait vivement retenu mon attention lors de sa sortie. Lorsque j'ai été le voir au cinéma, j'en ai pris plein les yeux. J'ai ri, souri et été émue durant tout le visionnage. Il fait d'ailleurs partie de mes coups de coeur cinématographiques de ces dernières années ! C'est un film que j'ai vu, revu et rerevu et que je regarde encore avec plaisir. D'ailleurs, je prolongerai la chronique littéraire par la chronique du film dès que je l'aurai reregardé à nouveau !

Il m'a, par contre, fallu plus de temps pour lire le roman. D'une part, parce que financièrement parlant, je n'avais pas les moyens de me payer le grand format, d'autre part, parce que ma bibliothèque ne le possédait pas et qu'une fois qu'elle l'a eu, il est vite devenu impossible de l'avoir. Je ne l'avais pas pris la première fois que je l'avais vu, grossière erreur mais j'allais alors partir en Irlande. Un pays que je ne peux que vous conseiller de visiter d'ailleurs ! Mais là n'est pas la question ). Finalement, c'est mon frère - qui avait, lui aussi, adoré le film - qui me l'a rapporté avec un air triomphal de Bruxelles parce qu'il était sorti en format poche chez Babel ! Encore une fois, je n'ai pas pu me jeter dessus puisqu'il le lisait déjà et avant même de l'avoir fini, ma mère s'était déjà jetée dessus . C'est finalement une lecture commune organisée par Kalea qui m'a permise de m'y mettre sérieusement et de le dévorer !

Parce que oui, La couleur des sentiments est un roman qui se dévore car il est merveilleusement bien écrit. L'auteur a une très belle plume. Les mots sont justes, forts et nous entraînent à une vitesse vertigineuse !

En outre, l'auteur crée un rythme très agréable. Elle divise son roman en trois parties. En effet, le lecteur suit, chacune à leur tour, les trois héroïnes :  Aibileen  Minny et Skeeter. K. Stockett modifie le ton, la maîtrise de la langue et sa saveur selon l'héroïne qui raconte l'histoire. Trois personnages, trois personnalités très différentes donc. 

Skeeter est la plus jeune des trois, bien qu'ambitieuse, elle souffre clairement d'un manque de confiance en soi et est, par certains aspects, fragile. Pourtant, ça ne l'empêche pas de faire preuve de maturité et de courage. Grâce à ces qualités, elle n’apparaît jamais comme quelqu'un de mièvre. Elle devient bien vite une amie à laquelle le lecteur s'attache et qu'il souhaite voir réussir et surtout être heureuse. 

Aibileen est probablement le personnage le plus attachant de cette histoire car elle est celle qui souffre le plus des différences. Elle s'occupe des petits enfants blancs qui deviennent, à leur tour, sensibles à la couleur de la peau et finissent par rejeter celle qu'ils ont aimé et qui les a tout autant aimé en retour. Elle traite de sa vie avec une gravité qu'elle adoucit néanmoins et qu'elle traite aussi avec beaucoup d'humour. L'épisode sur le café me fait, à chaque fois, mourir de rire. Elle arrive à parler des sujets pénibles avec justesse mais aussi avec beaucoup de tendresse. Je pense pouvoir dire qu'elle est une femme merveilleuse et formidable. Elle apparaît parfois comme la figure de la sagesse. Tout comme Skeeter, elle est le personnage le plus courageux de ce roman. Elle est la première à s'engager dans l'aventure avec Skeeter et tout au long du roman, le lecteur ne peut que transir pour ces deux femmes. 

Et puis, finalement, pour les trois femmes de ce roman lorsqu'elles sont rejointes par Minny, la grande gueule de l'histoire. Minny est l'exemple même de la rébellion, elle n'accepte pas sa condition et méprise les blancs bien plus qu'ils ne la méprisent elle-même. Mais Minny sous ses airs revêches, est une grande âme, une bonne amie, une confidente. Une femme fragile également bien que forte par bien des égards. C'est un être bien plus sensible qu'il n'y paraît au premier abord et comme les deux autres, elle subit elle aussi son lot de souffrance.

J'ai admiré chez K. Stockett, le relief qu'elle donne à ses personnages. Ils ne sont pas un trait de caractère comme c'est le cas dans certains romans, ils ont une véritable personnalité, des facettes différentes qui fait que nous pouvons réellement nous mettre à leur place. Nous sentons le travail de l'auteur et je peux vous dire qu'elle livre aux lecteurs, un travail de qualité ! 

Par ailleurs, elle ne délaisse pas les autres personnages du roman et tous ont une personnalité complexe. Les amies de Skeeter, les employeurs de Minny, tous ont quelque chose à apporter et permettent de révéler une nouvelle personnalité, une nouvelle émotion, un nouveau sentiment. Certains m'ont épaté par leur comportement et j'ai salué leur maturité et leur amour pour leur bonne. 

J'ai eu pitié d'Elizabeth, j'ai soupiré devant son immaturité voire même sa bêtise, elle est enfermée en elle-même et ne vit finalement sa vie que par procuration, au travers des autres, du regard des autres et des opinions des autres. J'ai détesté Hilly pour sa haine, féroce, à l'encontre des noirs, pour sa méchanceté gratuite. Au point que je me suis demandée parfois ce qu'elle avait bien pu vivre pour qu'elle haïsse à ce point de pauvres gens qui ne lui avaient strictement rien fait si ce n'est d'être né noir. Elle camoufle clairement ses propres propres problèmes en les projetant dans sa haine contre les noirs. 

Celia, quant à elle, est le personnage qui m'a le plus surpris tellement sa personnalité est différente de celle développée dans le film. Plus bébéte, elle est également bien plus en souffrance et je pense que le lecteur s'attache à elle en même temps que Minny.

L'auteur a également su traduire la ville de Jackson, les habitants mais aussi le décor, les maisons, les champs, les routes et surtout la chaleur de la région. Sans que l'auteur ne s'étende et ne se perde dans les descriptions, je peux vous dire que le lecteur sait où il est et a autant chaud que les personnages du roman. 

Je dois aussi saluer la recherche historique de l'auteur qui traduit bien sûr une histoire mais qui devient aussi une chroniqueuse du passé. Elle nous livre un pan du passé américain, de la condition des noirs, des mentalités qu'il pouvait y avoir à l'époque. Et j'ai aimé sa capacité de ne pas traiter l'ensemble de manière manichéenne, tout n'est pas noir et tout n'est pas blanc ce qui renforce le réalisme de cette histoire. Je peux vous dire que j'ai hâte de lire d'autres livres traitant de ce sujet ! C'est une partie de l'histoire que je ne connais pas spécialement mais qui a retenu mon attention. 

Enfin, je terminerai cette critique en parlant du dernier chapitre du roman. K. Stockett y parle de sa propre histoire, de sa bonne Démetrie à qui elle dédie le livre. Et parce qu'elle a elle-même vécu ce dont elle parle, K. Stockett a su, je pense, donner à ce roman un supplément d'âme !

Bref, je ne peux que vous conseillez La couleur des sentiments. C'est un livre incroyable par bien des aspects ! L'auteur nous conte une histoire exceptionnelle, nous livre des personnages attachants et nous offre une séance forte en émotion. C'est un roman que je relirai !




vendredi 11 janvier 2013

Le Troisième Testament : Julius par Alex Alice, Xavier Dorison et Robin Recht





Le Troisième Testament
Julius

Alex Alice
Xavier Dorison
Robin Recht

Glénat
78 planches






Résumé

Sept ans après le Troisième Testament, les scénaristes Alex Alice et Xavier Dorison remontent aux sources de la légende, sur les traces de leur prophète oublié : Julius de Samarie.

Cet homme aurait reçu la parole de Dieu, et l’aurait cachée aux yeux des hommes. Voilà ce que racontent d’obscures légendes médiévales… La réalité est plus fantastique encore. Nous sommes trente ans après la mort du Christ. Julius s’appelle encore Julius Publius Vindex. Il est général, légat de Rome, persécuteur de juifs et de chrétiens.

Comment cet homme, qu’on nomme « le Boucher d’Alexandrie », va-t-il devenir le prophète de la légende ? Au moment où la Judée s’apprête à se soulever contre Rome dans une guerre qui va changer le monde à jamais, quel sera le rôle de Julius dans l’avènement du messie qu’annoncent les écritures depuis le commencement des temps ?


Mon Avis

À peine fini la tétralogie "Le Troisième Testament" que j'ai enchaîné avec la suite qui apparaît comme une préquelle de la première série. 


Et je dois dire que si j'ai adoré la tétralogie, cette préquelle se révèle être encore meilleure ! L'histoire me semble encore plus aboutie, la psychologie des personnages encore plus poussé, l'intrigue d'autant plus passionnante que nous savons que la noirceur est bien là et qu'elle s'incarne dans des personnages qui ont l’apparence des anges. 

Les dessins sont toujours aussi magnifiques et participent à l'ambiance générale de cette histoire. Je pense notamment à la mine de soufre qui nous donne un aperçu de l'enfer.


Les personnages de ce premier tome sont plus terrifiants que ceux de la tétralogie et si l'on aime les côtoyer, on a un peu plus de mal à les apprécier. Julius est un bourreau sur le chemin de la rédemption et Rabbi, un être d'amour qui suit les préceptes du Christ. Je les côtoyais mais je ne les ai pas aimé. L'un m'énerve par sa lâcheté même si, vers la fin, il fait preuve de courage et cherche le chemin de la rédemption et l'autre me fait froid dans le dos, il est trop "saint" que pour être honnête. 

Encore une fois, la recherche scientifique et historique est poussée. Notons le réalisme des costumes romains, les hivers rudes de la Rome du Ier siècle et n'oublions pas le contexte historique de l'histoire qui est parfaitement rendu !



Ce premier tome n'est qu'un pas sur le chemin avant le grand voyage de Rabbi et de Julius et je suis plus qu'impatiente de les retrouver, de les côtoyer,de les haïr et de frissonner !

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mercredi 9 janvier 2013

Le Troisième Testament par Alex Alice et Xavier Dorison




Le Troisième Testament
(Tome 1 à 4)
Alex Alice
Xavier Dorison

Glénat
239 planches (au total)








Résumé

Août 1307. L'inquisiteur Conrad de Marbourg est convoqué par l'archevêque Elsenor afin de résoudre une étrange affaire : tous les moines de l'abbaye de Veynes ont été massacrés après avoir découvert une crypte renfermant un mystérieux reliquaire. Commence alors une longue enquête au cœur des sociétés secrètes, à la recherche du Troisième Testament...

Mon Avis

Je ne sais pas si je l'ai déjà dit (si oui, pardon mais j'adore parler romans/BD/Mangas avec l'un de mes cousins à qui j'emprunte toujours des tonnes de livres et qui m'en conseille tout autant... Toujours est-il qu'il y a, à peu près un mois, il m'a parlé de la BD : "Le Troisième Testament" dont je n'avais jamais entendu parler.

J'ai eu la chance de trouver les quatre tomes à la bibliothèque et je me suis plongée dedans.

Cette BD m'a immédiatement séduite. Non seulement les personnages sont creusés, l'histoire tout autant, l'intrigue passionnante mais surtout j'ai adoré l'atmosphère qui s'en dégage. Les couleurs, les dessins, les traits nous plongent au coeur de l'histoire et de l'Histoire. Ils créent l'ambiance étouffante, sinistre et angoissante qui nous poursuit tout au long de cette quête. 


Car il s'agit bien d'une quête qui nous mène aux quatre coins de la chrétienté. Les paysages sont variés, les personnages hauts en couleur et tous ont quelque chose à apporter, la résolution d'une énigme, la trahison, la rédemption, le sacrifice, le courage,... 





Bien que ne reposant que sur 4 "petits" volumes, l'histoire se tient, elle est consistante et bien vite nous sommes happés par elle. D'une part, parce que les décors, les personnages, les ordres religieux, les cryptes, les châteaux, les scryptorium, les reliquaires,... créent le contexte de l'histoire et lui donne une authenticité. 

D'autre part, parce que l'intrigue de cette histoire n'est autre que la quête du "Troisième Testament" ainsi que la résolution de tous ses secrets. Il est question de religion, d'Antéchrist et d'Apocalypse. Bref, de quoi nous faire frissonner !



D'ailleurs, je pense que les auteurs ont réussi à trouver le parfait équilibre entre les faits réels (le contexte est historique, la plupart des personnages sont inspirés par des personnages historiques qui ont réellement existé ( Élisabeth d'Elsenor est inspirée d'Élisabeth de Hongrie, élève spirituelle de Conrad, Guillaume de Beaujeu, inspiré du grand maître de l'ordre du temple, le comte de Sayn, poursuivi par Conrad pour Luciférisme,... ), la première croisade, le fait que le comte Henri II de Sayn fut accusé par Conrad de Marbourg (Grand inquisiteur) d'organiser des orgies sataniques, qu'Henri fut acquitté et Conrad assassiné, ...) et la fiction. 

En conclusion, je ne peux que vous conseiller cette BD à cause des nombreuses qualités citées ci-dessus. Cette lecture fut une agréable surprise !








dimanche 12 février 2012

Révolution de Jennifer Donnelly




Révolution

Jennifer Donnelly


La Martinière Jeunesse
512 pages
14,90 €














Résumé

Deux filles
Deux siècles
Deux destins contrariés


New York, aujourd'hui.
Depuis la perte de son frère, Andi, jeune fille brillante et musicienne talentueuse, est plongée dans les méandres d'une adolescence difficile.

Paris, 1789.
En pleine Révolution française, Alexandrine, qui se rêvait comédienne, risque sa vie pour sauver le petit Dauphin de France que le peuple a condamné.

Quand Andi découvre le journal d'Alexandrine, ses mots la pénètrent jusqu'au coeur.
Les deux jeunes femmes sont liées à travers une inoubliable histoire d'amour, de sacrifice et de mort.


Mon Avis 


Avant toute chose, Révolution est un roman qui m’intéressait car il mêle le contemporain et l’historique. Je suis une grande fan des romans historiques et, tout particulièrement de ceux qui traitent du Moyen Âge ou des Temps Modernes. Dans ce cas-ci, c’était « hors norme » puisque j’ai été immergée au XVIIIe siècle durant la Révolution française.

Alors honnêtement, qu’en ai-je pensé ?

J’ai véritablement apprécié cette lecture. Pourtant, j’avais lu des échos assez négatifs notamment à propos de la fin. Du coup, j’avais un peu d’appréhension. Je crois qu’il n’y a rien de pire qu’un bon roman dont la fin part en cacahouète (surtout quand on a bien accroché tout au long de ce dernier !).

Je dois dire que j'ai été agréablement surprise par ce roman. Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre mais j’ai passé un très bon moment en compagnie de Diandra-Xenia (Andi pour les intimes   ) et de Virgile. Plutôt fun comme prénoms, non ? Moi qui suis fan des prénoms exentriques, j’ai été gâtée surtout avec Andi.

Après un début un peu long et lent, – qui ne m’a pas, en soi, tellement dérangée. Après tout, il fallait bien poser les éléments essentiels de l'histoire dont la détresse d’Andi et de sa mère – on entre réellement dans le récit. Nous apprenons bien sûr ce qui est arrivé à Andi et à sa famille (avec son père dans un premier temps, qui favorise son travail au détriment de sa propre femme et de ses enfants – avec Truman dans un second temps, le petit frère d’Andi qui est décédé). Mais nous découvrons, en parallèle de l’histoire d’Andi, celle d’Alex (Alexandrine Paradis), une comédienne ayant vécu pendant la Révolution française mais qui fut également la jeune fille de compagnie de Louis-Charles de France, Louis XVII dont le père et la mère furent guillotinés. Si ce dernier n’est pas mort la tête tranchée (mais bien en prison), il n’en reste pas moins une victime de la Révolution française au même titre que les milliers de gens qui furent guillotinés pendant la Terreur.

Mais ne sont pas là, tous les sujets dont parle de ce roman. Il en reste deux. Le premier, et probablement le thème fondamental de ce roman, est la musique. Malherbeau sur lequel Andi écrit une thèse – et qu’elle m’a donné envie de découvrir – mais aussi Led Zeppelin, Radiohead, Nirvana, Beethoven et tout un tas d’autres. Car Andi est une artiste, une guitariste qui a une connaissance musicale impressionnante. Un prof de musique que j’ai adoré et un ami, Virgile, qui rappe sur la société, sur Paris, sur sa vie. Et Andi qui, elle-même, compose et essaye de se libérer, d’exprimer les choses autrement que par les seuls mots. Et qui, à la fin, devient membre d’un groupe de musicothérapeutes pour aider les enfants à exprimer par les sons ce qu’ils n’arrivent plus à dire avec les mots. Le second thème n'est autre que celui de l'Amour, de l'Amour qui mène à la rédemption, au pardon et à l'acceptation, qui permet et à Alex et à Andi de grandir et de se pardonner.

En outre, j’ai adoré Virgile. Il est vraiment extra, non ? Plus sérieusement, j’ai beaucoup aimé sa façon d’être mais aussi sa manière de percevoir les choses, le monde mais surtout de percevoir Andi. Peut-être est-il, au fond, le seul qui se rend réellement compte mais surtout qui prend le temps de s’arrêter pour comprendre et pour aider.

Peut-être que certaines personnes n’ont pas aimé Andi parce qu’elles ont trouvé sa manière de réagir ridicule, gamine, peut-être parce qu’elles estimaient que c’était trop facile de se foutre en l’air, de tenter de partir. Peut-être l’ont-elles jugée énervante. Et bien, moi, pas du tout. Au début, c’est peut-être un peu agaçant (ah bon ? *Seulement pour dire quelque chose de négatif ) mais très vite, on entrevoit non seulement,son désarroi mais également qu’elle gère cela toute seule. Sa mère a sombré dans la dépression et n’a pas, pour Andi, les gestes qui pourraient l'aider puisqu’elle-même n’y arrive pas. Le père d’Andi est absent de sa vie et prononce des paroles parfois vraiment stupides qui ne font que renforcer son mal-être (de tout façon, ce gars-là, je ne l’aime pas ! ). Mais au fur et à mesure, Andi grandit et à la fin, se révèle être quelqu’un d’intègre, de courageux, quelqu’un qui peut encore aimer. Vous l’aurez compris, je pense, je me suis vraiment attachée à Andi.

De plus, j’ai adoré son séjour au cœur de Paris au XVIIIe siècle. Ces passages étaient vraiment très bien écrits. On s’y croyait vraiment Les descriptions étaient parlantes et permettaient de s’immerger dans le Paris du XVIIIe siècle.

Il m’est un peu moins facile de parler d’Alexandrine. Pas qu’on ne s’y attache pas mais elle entre en jeu et en repart très vite (ou alors, c’est parce que j’ai dévoré ce livre). La fin de son journal est terriblement frustrante puisqu’on ne sait pas ce qu’elle est devenue (ce qui nous est révélé à la fin du livre). En réalité, elle apparait comme un personnage manipulateur dans un premier temps et très vite, nous nous y attachons en même temps qu’elle entre au service de Louis-Charles et qu’elle se prend à l’aimer. J’ai admiré son courage, sa force et sa persévérance lorsqu’il a été emmené à la prison du Temple (où il mourut à l’âge de 10 ans) et qu’elle ait continué – au-delà des murs- à s’occuper de lui, de lui rendre de l’espoir grâce aux feux d’artifice qu'Alex lançait la nuit que Louis Charles aimait tant. Jusqu’à la fin, nous espérons et angoissons avec eux et ne pouvons être qu’émus par la fin du récit.


« Ils [les feux d’artifice] ressemblent aux diamants de maman.

À des étoiles filantes.
À toutes les âmes du Paradis. »


En conclusion, ce livre a été une bonne découverte. Je n’ai relevé que peu de points négatifs et les éléments positifs les surpassent de loin. Il fait partie des livres que je ne peux que vous conseillez ! Je terminerai cette critique par cet extrait qui a retenu mon attention :


« Une seule chose m’effraie désormais : l’amour.
Car je l’ai vu et senti et je sais désormais que c’est l’amour et non la mort qui nous désagrège ».




Lecture Commune # 5 du forum * La Magye des mots *

jeudi 9 février 2012

La Voix des Anges d'Anne Rice




La Voix des Anges 
Anne Rice


Pocket















Résumé

1750. Tonio, héritier d'une riche familIe vénitienne, spolié et castré à l'âge de quinze ans, vit désespéré à l'idée de ne plus être " un homme ".
Il trouvera le salut dans la musique et sa force dans la haine des siens. Guido, fils de paysans calabrais, lui aussi castré enfant, perd sa belle voix à dix-huit ans et devient compositeur. Guido rencontre Tonio et devient son professeur. A eux deux, ils pourront avoir le monde à leurs pieds et enfin mettre en oeuvre leur vengeance à l'encontre de ceux qui les ont amputés de leur virilité.

Un roman comme un opéra baroque, sensuel et flamboyant, qui nous plonge dans le monde fascinant des castrats du XVIIIe siècle.


Mon Avis

samedi 4 février 2012

La Servante Insoumise de Jane Harris




La Servante Insoumise

Jane Harris



Points
576 pages
8€







Résumé

Ecosse, 1863. Fuyant une mère indigne et un passé sordide, la toute jeune Bessy Buckley trouve, dans un manoir aussi isolé que délabré, une place de servante auprès de la ravissante Arabella, jeune femme hypersensible et quelque peu excentrique, obsédée par la mort de sa précédente employée. Peu habituée aux tâches qui incombent à une domestique, Bessy va surtout séduire sa maîtresse par sa capacité à lire et à écrire. À tel point que Bessy devra noter dans un carnet ses pensées les plus intimes, tout en répondant aux exigences les plus fantasques d'Arabella. Mais au fur et à mesure que ces deux femmes esseulées vont nouer une relation d'amitié tout aussi tendre que complexe, Bessy va découvrir les sombres secrets que dissimule sa maîtresse...



Mon Avis 

Wouuu ! J'ai terminé ce livre "hier soir" et je voulais vraiment faire une critique alors que j'avais encore un souvenir précis et frais de ce roman.
Je dois dire que j'ai été surprise car je ne m'attendais pas du tout à ce genre d'histoire et finalement, je dois avouer que je n'ai pas du tout été déçue. Bien au contraire, ce livre a été une bonne surprise.

Petit info très importante : Ne vous fiez pas au titre, il n'est absolument pas représentatif du livre. Le titre anglais : The Observations est bien plus représentatif de l'histoire qui compose ce roman.

Je vais commencer cette critique (je sais que j'ai déjà écrit plusieurs lignes avant mais j'avais besoin de poser ces différentes idées et ressentis avant de débuter la critique réelle ^.^). Je dois dire que j'ai, dans un premier temps, été un peu surprise par l'écriture du livre. J'ai plutôt l'habitude de lire des livres bien écrits avec de belles phrases alors qu'ici, l'héroïne écrit comme elle parle. Elle s'en excuse d'ailleurs à plusieurs reprises car il arrive qu'elle s'adresse directement à son lecteur. Cela m'a un peu désarçonné au début et finalement, je m'y suis habituée. De plus, son langage s'améliore peu à peu, en même temps qu'elle évolue elle-même dans le livre. Le langage est parfois crû car elle n'évoque pas toujours des choses faciles mais en soi, ce n'est en rien choquant car cela rend les choses plus tristes mais surtout plus réelles et permettent d'une certaine façon, de mieux ressentir ce qu'elle-même a dû éprouver dans ces moments-là.

Je dois également avouer qu'au début du lire, ce livre m'a totalement étonnée, l'héroïne est spéciale, peut-être un peu exaspérante car pas comme les héros et héroïnes de d'habitude. Sa vie n'a pas été rose, elle n'est pas sans reproche, parfaite ou quoique ce soit. Elle est simplement humaine mais fait parfois preuve d'une maturité qui démentit son âge. Elle est également très humaine et au fur et à mesure du récit, de plus en plus attachante et émouvante. J'ai également apprécié le fait qu'elle « grandisse ». Elle travaille sur elle-même afin de s'améliorer.

Si la plupart de l'action se passe dans le manoir où elle a été engagée comme servante, il n'en reste pas moins, qu'elle parle également de sa propre vie, de son passé à elle et enfin, du présent, de ce qu'elle est devenue à l'heure où elle écrit ce récit. L'histoire est dotée d'un bon rythme, l'auteure jongle assez facilement entre l'histoire principale et le récit du passé de l'héroïne.

Les personnages sont variés mais seuls les personnages principaux marquent notre esprit, nous ne sommes pas embrouillés de cette façon et ça rend l'histoire d'autant plus facile à comprendre. Après tout, elle ne tourne vraiment qu'autour de 2 personnages : Bessy (l'héroïne principale et la narratrice de cette histoire) et Arabella (sa maitresse).

J'aime beaucoup l'évolution du livre. Des indices sont semés par-ci, par-là, des choses suspectes se sont passées. Arabella est étrange. Parfois gentille, parfois méchante. Elle est très versatile et l'on se demande parfois pourquoi. Néanmoins, ces comportements trouvent ensuite une explication logique. Et si on peut, à certains moments, la trouver inhumaine, méchante; elle se révèle, à la fin, être un personnage bien plus complexe et plus humain que l'on pouvait l'imaginer.

J'ai énormément apprécié cette lecture et je vous la conseille vraiment. Je pense malgré tout qu'elle ne s'adresse pas à un public jeune car elle traite de sujets difficiles. Néanmoins, c'est une histoire humaine et touchante. Les personnages dans toute leur complexité sont tendres à leur façon. De plus, on ne tombe pas dans la niaiserie ou dans le conte de fée. Les personnages ont souffert, ils restent des marques. Finalement, c'est un récit très réaliste que nous livre cette auteure. Vous l'aurez compris, j'ai vraiment passé un très bon moment ! C'est une très bonne découverte, je suis vraiment contente d'avoir pu le lire car ça faisait un bon bout de temps qu'il m'intriguait !