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jeudi 9 janvier 2014

La liste de mes envies de Grégoire Delacourt







La liste de mes envies
Grégoire Delacourt





JC Lattès
220 pages
16 €






Résumé

Jocelyne, dite Jo, rêvait d’être styliste à Paris. Elle est mercière à Arras. Elle aime les jolies silhouettes mais n’a pas tout à fait la taille mannequin. Elle aime les livres et écrit un blog de dentellières. Sa mère lui manque et toutes les six minutes son père, malade, oublie sa vie. Elle attendait le prince charmant et c’est Jocelyn, dit Jo, qui s’est présenté. Ils ont eu deux enfants, perdu un ange, et ce deuil a déréglé les choses entre eux. Jo (le mari) est devenu cruel et Jo (l’épouse) a courbé l’échine. Elle est restée. Son amour et sa patience ont eu raison de la méchanceté. Jusqu’au jour où, grâce aux voisines, les jolies jumelles de Coiff’Esthétique, 18.547.301€ lui tombent dessus. Ce jour-là, elle gagne beaucoup. Peut-être.

Mon Avis

C'est avec La liste de mes envies de Grégoire Delacourt que j'ai terminé l'année 2013 et commencé l'année 2014. C'est également le livre qui clôture le fameux challenge Mystère organisé par Froggy. Elle m'aura fait fouiller dans mes lectures afin de répondre à chaque thème de l'année. Le dernier thème de 2013 n'était autre que celui de la littérature contemporaine. Un thème qui, encore une fois, me laissait perplexe. Que lire? Et plutôt que d'aller piocher dans ma PAL ou ma WL, j'ai encore une fois craqué pour un énième autre livre. C'est tombé sur La liste de mes envies de Grégoire Delacourt parce que je l'ai aperçu à la bibliothèque et que j'en ai beaucoup entendu parler quand il est sorti. Donc, je me suis laissée tenter .

J'ai lu ce livre juste après le premier tome du cycle d'Ender d'Orson Scott Card. Un excellent livre de SF. Autrement dit, je ne pouvais pas trancher plus sec dans le changement de genre. Et si j'ai adoré le premier, je peux vous dire que j'ai dévoré le second.

Parce qu'avant même l'histoire, avant même mon attachement pour Jo et les divers personnages qui peuplent cette histoire, c'est la magie de ses mots qui m'a conquise. Grégoire Delacourt écrit des histoires avec une économie de mots, il n'y a pas de grands discours mais bien des bons mots. Il arrive, avec peu de mots, à faire passer une multitude d'émotion : la tristesse, la colère, le désespoir mais surtout la tendresse, la douceur et la simplicité. Car La liste de mes envies est une ode à la simplicité, une ode à la vie et aux mille et une petites choses simples qui nous rendent heureux. Son économie de mots crée également un rythme qui emporte son lectorat. D'une page, le lecteur en tourne une autre et bien vite, il arrive à la dernière page sans même s'en rendre compte. C'est un livre qui se lit facilement, d'une seule traite et qui, une fois terminé, laisse sa trace.

Dans un second temps, c'est le personnage de Jocelyne qui retient l'attention du lecteur car c'est elle qui raconte l'histoire, son histoire qu'elle nous conte avec peu de mots mais qui nous touchent. Je me suis laissée emporter par eux et par elle. Je me suis attachée à Jo, à sa sensibilité et à sa simplicité. Le lecteur ne peut que s'attacher à elle. Elle devient une compagne que l'on suit et à laquelle on souhaite de la douceur et du bonheur. Car si sa vie est loin d'être rose, Jo a su s'en sortir, elle a toujours su  trouver la petite chose qui lui permettait de tenir le coup et de retrouver le goût à la vie.

Enfin, l'histoire est le dernier élément qui m'a séduite. Elle est aussi banale qu'elle est simple et pourtant, il fallait l'écrire. L'auteur l'a rédigée avec un réalisme crû qui donnait à l'histoire et aux personnages, une véritable consistance. Il nous parle avec simplicité de la désillusion mais aussi des petits gestes qui veulent tant dire.

La liste de mes envies est un livre qui mérite notre attention. Penchez-vous dessus un instant, vous ne le regretterez pas.




samedi 5 octobre 2013

La couleur des sentiments de Kathryn Stockett




La couleur des sentiments 
Kathryn Stockett




Babel
624 pages
9,70 €









Résumé

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s’occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L’insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s’enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s’exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu’on n’a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l’ont congédiée.
Mais Skeeter, la fille des Phelan, n’est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s’acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l’a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot.
La jeune bourgeoise blanche et les deux bonnes noires, poussées par une sourde envie de changer les choses malgré la peur, vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.


Mon Avis

Le visionnage du trailer "The Help" avait vivement retenu mon attention lors de sa sortie. Lorsque j'ai été le voir au cinéma, j'en ai pris plein les yeux. J'ai ri, souri et été émue durant tout le visionnage. Il fait d'ailleurs partie de mes coups de coeur cinématographiques de ces dernières années ! C'est un film que j'ai vu, revu et rerevu et que je regarde encore avec plaisir. D'ailleurs, je prolongerai la chronique littéraire par la chronique du film dès que je l'aurai reregardé à nouveau !

Il m'a, par contre, fallu plus de temps pour lire le roman. D'une part, parce que financièrement parlant, je n'avais pas les moyens de me payer le grand format, d'autre part, parce que ma bibliothèque ne le possédait pas et qu'une fois qu'elle l'a eu, il est vite devenu impossible de l'avoir. Je ne l'avais pas pris la première fois que je l'avais vu, grossière erreur mais j'allais alors partir en Irlande. Un pays que je ne peux que vous conseiller de visiter d'ailleurs ! Mais là n'est pas la question ). Finalement, c'est mon frère - qui avait, lui aussi, adoré le film - qui me l'a rapporté avec un air triomphal de Bruxelles parce qu'il était sorti en format poche chez Babel ! Encore une fois, je n'ai pas pu me jeter dessus puisqu'il le lisait déjà et avant même de l'avoir fini, ma mère s'était déjà jetée dessus . C'est finalement une lecture commune organisée par Kalea qui m'a permise de m'y mettre sérieusement et de le dévorer !

Parce que oui, La couleur des sentiments est un roman qui se dévore car il est merveilleusement bien écrit. L'auteur a une très belle plume. Les mots sont justes, forts et nous entraînent à une vitesse vertigineuse !

En outre, l'auteur crée un rythme très agréable. Elle divise son roman en trois parties. En effet, le lecteur suit, chacune à leur tour, les trois héroïnes :  Aibileen  Minny et Skeeter. K. Stockett modifie le ton, la maîtrise de la langue et sa saveur selon l'héroïne qui raconte l'histoire. Trois personnages, trois personnalités très différentes donc. 

Skeeter est la plus jeune des trois, bien qu'ambitieuse, elle souffre clairement d'un manque de confiance en soi et est, par certains aspects, fragile. Pourtant, ça ne l'empêche pas de faire preuve de maturité et de courage. Grâce à ces qualités, elle n’apparaît jamais comme quelqu'un de mièvre. Elle devient bien vite une amie à laquelle le lecteur s'attache et qu'il souhaite voir réussir et surtout être heureuse. 

Aibileen est probablement le personnage le plus attachant de cette histoire car elle est celle qui souffre le plus des différences. Elle s'occupe des petits enfants blancs qui deviennent, à leur tour, sensibles à la couleur de la peau et finissent par rejeter celle qu'ils ont aimé et qui les a tout autant aimé en retour. Elle traite de sa vie avec une gravité qu'elle adoucit néanmoins et qu'elle traite aussi avec beaucoup d'humour. L'épisode sur le café me fait, à chaque fois, mourir de rire. Elle arrive à parler des sujets pénibles avec justesse mais aussi avec beaucoup de tendresse. Je pense pouvoir dire qu'elle est une femme merveilleuse et formidable. Elle apparaît parfois comme la figure de la sagesse. Tout comme Skeeter, elle est le personnage le plus courageux de ce roman. Elle est la première à s'engager dans l'aventure avec Skeeter et tout au long du roman, le lecteur ne peut que transir pour ces deux femmes. 

Et puis, finalement, pour les trois femmes de ce roman lorsqu'elles sont rejointes par Minny, la grande gueule de l'histoire. Minny est l'exemple même de la rébellion, elle n'accepte pas sa condition et méprise les blancs bien plus qu'ils ne la méprisent elle-même. Mais Minny sous ses airs revêches, est une grande âme, une bonne amie, une confidente. Une femme fragile également bien que forte par bien des égards. C'est un être bien plus sensible qu'il n'y paraît au premier abord et comme les deux autres, elle subit elle aussi son lot de souffrance.

J'ai admiré chez K. Stockett, le relief qu'elle donne à ses personnages. Ils ne sont pas un trait de caractère comme c'est le cas dans certains romans, ils ont une véritable personnalité, des facettes différentes qui fait que nous pouvons réellement nous mettre à leur place. Nous sentons le travail de l'auteur et je peux vous dire qu'elle livre aux lecteurs, un travail de qualité ! 

Par ailleurs, elle ne délaisse pas les autres personnages du roman et tous ont une personnalité complexe. Les amies de Skeeter, les employeurs de Minny, tous ont quelque chose à apporter et permettent de révéler une nouvelle personnalité, une nouvelle émotion, un nouveau sentiment. Certains m'ont épaté par leur comportement et j'ai salué leur maturité et leur amour pour leur bonne. 

J'ai eu pitié d'Elizabeth, j'ai soupiré devant son immaturité voire même sa bêtise, elle est enfermée en elle-même et ne vit finalement sa vie que par procuration, au travers des autres, du regard des autres et des opinions des autres. J'ai détesté Hilly pour sa haine, féroce, à l'encontre des noirs, pour sa méchanceté gratuite. Au point que je me suis demandée parfois ce qu'elle avait bien pu vivre pour qu'elle haïsse à ce point de pauvres gens qui ne lui avaient strictement rien fait si ce n'est d'être né noir. Elle camoufle clairement ses propres propres problèmes en les projetant dans sa haine contre les noirs. 

Celia, quant à elle, est le personnage qui m'a le plus surpris tellement sa personnalité est différente de celle développée dans le film. Plus bébéte, elle est également bien plus en souffrance et je pense que le lecteur s'attache à elle en même temps que Minny.

L'auteur a également su traduire la ville de Jackson, les habitants mais aussi le décor, les maisons, les champs, les routes et surtout la chaleur de la région. Sans que l'auteur ne s'étende et ne se perde dans les descriptions, je peux vous dire que le lecteur sait où il est et a autant chaud que les personnages du roman. 

Je dois aussi saluer la recherche historique de l'auteur qui traduit bien sûr une histoire mais qui devient aussi une chroniqueuse du passé. Elle nous livre un pan du passé américain, de la condition des noirs, des mentalités qu'il pouvait y avoir à l'époque. Et j'ai aimé sa capacité de ne pas traiter l'ensemble de manière manichéenne, tout n'est pas noir et tout n'est pas blanc ce qui renforce le réalisme de cette histoire. Je peux vous dire que j'ai hâte de lire d'autres livres traitant de ce sujet ! C'est une partie de l'histoire que je ne connais pas spécialement mais qui a retenu mon attention. 

Enfin, je terminerai cette critique en parlant du dernier chapitre du roman. K. Stockett y parle de sa propre histoire, de sa bonne Démetrie à qui elle dédie le livre. Et parce qu'elle a elle-même vécu ce dont elle parle, K. Stockett a su, je pense, donner à ce roman un supplément d'âme !

Bref, je ne peux que vous conseillez La couleur des sentiments. C'est un livre incroyable par bien des aspects ! L'auteur nous conte une histoire exceptionnelle, nous livre des personnages attachants et nous offre une séance forte en émotion. C'est un roman que je relirai !




vendredi 15 juin 2012

Le poids des secrets /T1 Tsubaki d'Aki Shimazaki





Le poids des secrets / T1 Tsubaki
Aki Shimazaki


Actes Sud (Babel)
115 pages











Résumé


Dans une lettre laissée à sa fille après sa mort, Yukiko, une survivante de la bombe atomique, évoque les épisodes de son enfance et de son adolescence auprès de ses parents, d'abord à Tokyo puis à Nagasaki. Elle reconstitue le puzzle d'une vie familiale marquée par les mensonges d'un père qui l'ont poussée à commettre un meurtre. Obéissant à une mécanique implacable qui mêle vie et Histoire, ce court premier roman marie le lourd parfum des camélias (tsubaki) à celui du cyanure. Sans céder au cynisme et avec un soupçon de bouddhisme, il rappelle douloureusement que nul n'échappe à son destin.

Mon Avis


Ce petit roman de 115 pages se lit d'une seule traite. Mais pas uniquement parce qu'il n'a que peu de pages, au contraire, simplement parce que l'histoire de Yukiko est terriblement intrigante.

Je n'ai pas réellement l'habitude de lire des romans asiatiques et dans ce cas-ci japonais. Et je dois avouer que ce qui a retenu le plus mon attention, c'est la pudeur avec laquelle l'auteur écrit. Le sujet dont elle parle n'est pas évident, qu'il s'agisse de son père, de ce qu'elle apprend et de ce que cela implique avec Yukiko. La trahison qu'elle ressent est très bien décrite, elle ne cherche pas le pardon. Elle n'excuse même pas son geste. Elle nous explique simplement ce qui l"a conduite à le commettre. Et nous n'arrivons pas à la condamner.

En réalité, il est très difficile de commenter et de critiquer un tel livre. Je ne peux que vous conseiller de le lire pour l'histoire intrigante et terrible, pour un geste terrible qu'on arrive à pardonner, pour les personnages simples, touchants, extrêmement pudiques. Je n'ai pas souvent l'occasion d'être confrontée à de tels protagonistes, ni à un telle réalisme. Yukiko nous livre un fragment de son histoire, un fragment de son âme et  nous ne pouvons être que touché d'une telle confession.




vendredi 24 février 2012

Robert des noms propres d'Amélie Nothomb




Robert des noms propres 
Amélie Nothomb


Le Livre de Poche
190 pages

5,60 €











Résumé

« Pour un écrivain, il n’est pas de plus grande tentation que d’écrire la biographie de son assassin. Robert des noms propres : un titre de dictionnaire pour évoquer tous les noms qu’aura dits ma meurtrière avant de prononcer ma sentence. C’est la vie de celle qui me donne la mort. »

Mon Avis


Il y avait longtemps que je ne m’étais plus plongée dans l’univers d’Amélie Nothomb. Le challenge 12 mois = 12 livres a été une bonne occasion de m’y remettre.

Le thème de mois de février (comme vous pouvez le voir ici) était celui de l’Amour. Alors évidemment, on pense toutes et tous à une romance. Et c’est, dans un premier temps, ce que j’avais choisi puisque je comptais lire Un Jour de David Nicholls. Mais le temps me manquant, j’ai finalement décidé de lire Robert des Noms Propres d’Amélie Nothomb, pour la simple et bonne raison que l’auteur y parle de différentes formes d’amour.

La première est celle d’une mère adoptive, Clémence, qui éprouve un amour proche de l’adoration pour Plectrude (la fille de sa sœur).


"Clémence, qui avait follement aimé sa sœur défunte, reporta sur Plectrude cette passion. Elle ne l’aima pas plus que ses deux enfants : elle l’aima différemment. Nicole et Béatrice lui inspiraient une tendresse débordante ; Plectrude lui inspirait de la vénération".


Un amour terrible en ce sens qu’il est à double tranchant. Proche de l’adoration dans un premier temps, engendrant la fierté mais également l’attende et l’espérance envers l’objet de votre dévotion. Vous attendez de cet objet et espérez tellement de choses de sa part…


"[…] elle eût tellement voulu être ballerine et, grâce à Plectrude, elle assouvissait cette ambition par procuration. Peu lui importait de sacrifier la santé de son enfant à cet idéal."


Lorsque l’objet de votre adoration n’arrive pas à atteindre les objectifs que vous aviez fixés pour lui... L’amour devient destructeur et se transforme au point d’engendre le rejet…


" - Quarante-sept kilos pour un mètre cinquante-huit, tu trouves ça obèse ?- Regarde la vérité en face : tu es énorme.Plectrude, qui avait retrouvé le plein usage de ses jambes, alla se jeter sur son lit. Elle ne pleura pas : elle ressentit une crise de haine qui dura des heures. Elle tapait du poing sur son oreiller et, à l’intérieur de son crâne, une voix hurlait :
« Elle veut me tuer ! Ma mère veut ma mort » ".



Ensuite, c’est l’amour débordant d’une enfant, d’une adolescente pour une passion, la danse.


" On la sentait heureuse de danser - prodigieusement heureuse. On sentait sa jubilation à livrer son corps à la grande énergie de la danse. C'était comme si son âme n'avait attendu que cela depuis dix mille ans."


Une passion terrible dans le cas de Plectrude puisqu’elle va l’amener à se détruire – même si cette               « destruction » est plus complexe qu’elle n’y parait. La danse, le culte de la minceur, l’école des petits rats de l’opéra, la compétition, … en sont les causes mais pas seulement… – .


"Plectrude avait toujours été la plus mince de tous les groupements humains dans lesquels elle s'était aventurée. Ici, elle faisait partie des "normales".Celles qu'on qualifiait de minces eussent été appelées squelettiques en dehors du pensionnat. Quant à celles qui, dans le monde extérieur, eussent été trouvées de proportions ordinaires, elles étaient en ces murs traitées de "grosses vaches"."




Je dois vous avouer que j’ai ressenti l’autodestruction de Plecture comme s’il s’agissait d’un appel au secours. Ce qui m’intrigue dans ce « culte de la minceur » tel que le conçoit Plectrude, c’est son choix d’arrêter de manger des produits laitiers alors que les autres ballerines se ruent dessus. Elle sait qu’elle ne peut pas les arrêter, elle sait mais elle le fait quand même. Pourquoi ? Pour qui ? sont des questions que soulève cette histoire… Je laisse à la plume d’Amélie Nothomb d’y répondre !

Enfin, c’est l’histoire d’amour d’une enfant pour l’un de ses amis de classe, un amour qui mettra des années à se révéler et à s’épanouir. Mais qui, je l’avoue, m’a fait plus d’une fois sourire.
Je cite pour vous expliquer :


« Elle le reconnut aussitôt.Ils eurent le prélude amoureux le plus court de l’Histoire.
- Tu as quelqu’un ? demanda Mathieu sans perdre une seconde.
- Célibataire, avec un bébé, répondit-elle aussi sec.
- Parfait. Tu me veux ?
- Oui.
Il empoigna les hanches de Plectrude et les retourna à cent quatre-vingt degrés, pour qu’elle n’eût plus les pieds dans le vide. Ils se roulèrent un patin afin de sceller ce qui avait été dit.

[…]


- Je vais te monter où j’habite, dit-il en l’emmenant.
-Que tu es rapide !
- J’ai perdu sept ans. Ça m’a suffi.
Si Mathieu Saladin avait pu se doute du nombre d’engueulades que cet aveu allait lui valoir, il l’eût bouclé. »



Ce roman remplissait donc les conditions du thème Amour. Parlons un peu plus du roman en lui-même…

J’ai découvert Amélie Nothomb il y a quelques années, grâce à ma cousine – à qui je dois une fière chandelle puisque je suis devenue une véritable fan de cette auteure – . Je dois remercier Amélie pour avoir toujours su m’apporter une véritable nuée d’air frais dans mon sillage littéraire. Une nuée d’air frais mais aussi une bouffée d’air « extraterrestre ». Vous avez eu l’occasion de voir, plus d’une fois, que je lisais de nombreux styles et que j’aimais varier les plaisirs mais Amélie Nothomb est vraiment l’extraterrestre de mon horizon littéraire. Elle est, et restera, je pense, une auteure de style indéfinissable. Ses romans sont les petits hommes verts de ma bibliothèque. Les histoires sont rocambolesques, les personnages décapants, originaux au-delà de toute imagination. Quant aux prénoms, je ne vous dis que ça… Pannonique, Prétextat Tach, Texor Texel, … et dans ce ci, Plectrude. Ils ont beau être étrange voire même aberrants, ils collent parfaitement aux personnages et à l’univers qu’Amélie Nothomb crée pour eux.

Son style est fluide, rapide et nette (la plupart du temps). Les pages se tournent et les livres se referment en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Ses romans sont, le plus souvent, relativement courts. Et j’apprécie le fait qu’elle arrive, malgré l’économie de mots et de pages, à créer quelque chose de consistant, peut-être pas toujours avec le même brio mais quand même…

En outre, Amélie est quelqu’un qui manie extrêmement bien des thèmes assez étranges tels que le dégoût, la laideur ou encore le meurtre (pas que ce sujet soit exceptionnel, mais il l’est dans la manière dont il est traité). Je vous jure qu’on aurait presque envie d’essayer parfois ! (Non non, je n’ai pas dit que j’essayerai, ni que je cautionnais ! Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Simplement elle décrit ces « choses » de manière incroyablement réaliste et précise). Par ailleurs, c’est quelqu’un qui n’hésite pas à se mettre dans la peau de ses personnages, elle est parfois la victime comme dans le cas de Robert des Noms Propres mais elle peut tout aussi bien être l’assassin, peut-être pas de manière directe mais on la sent au travers de ses personnages et on finit par identifier ces personnages qui sont, en réalité, l’auteure elle-même (ouch, la phrase quoi O.o).

Robert des Noms Propres fait partie des romans softs d’Amélie Nothomb, quoiqu’il peut toucher de manière extrêmement forte car, sous une apparence légère, les sujets traités restent durs et pénibles. Ce sont des faits précis et vécus que nous rapporte Amélie même si elle les planque sous l’apparence d’un « conte ».

Robert des Noms Propres est l’un de mes romans favoris ^o^ J’ai apprécié le style décalé, l’économie de mots et le rythme qui caractérise ce roman, les réflexions philosophiques ainsi que l’histoire et les personnages… Franchement, lancez-vous


" Sans doute chaque être a-t-il dans l'univers de l'écrit, une œuvre qui le transformera en lecteur, à supposer que le destin favorise leur rencontre."










samedi 4 février 2012

Blanche et Marie de Per Olov Enquist




Blanche et Marie

Per Olov Enquist


Le Livre de Poche
256 pages
6 €










Résumé

Après avoir été enfermée à l'hôpital de la Salpêtrière, livrée aux assiduités et aux expérimentations du professeur Charcot, le grand spécialiste de l'hystérie des femmes, Blanche Wittman devient l'assistante de Marie Curie. Celle-ci, plongée dans ses recherches, détentrice d'un premier prix Nobel puis d'un second, entame après son veuvage une liaison avec Paul Langevin. Le scandale que suscite cette relation va l'obliger à l'exil. Désespérée, elle se confie à Blanche, car des années de travail scientifique n'ont pas réussi à tuer l'amoureuse en elle...

Mon Avis 

C'est la quatrième de couverture qui m'a tentée : l'hôpital de la Salpêtrière, l'hystérie, Marie Curie,... L'hystérie d'abord. J'aime bien voir comment on traitait la "folie" aux différentes époques. C'est d'ailleurs aussi pour ça que j'ai bien aimé La Servante Insoumise. L'hôpital de la Salpêtrière et Charcot pour en avoir parlé cette année en cours de Communication de Masse. C'est toujours intéressant de revoir les choses sous des angles différents. Enfin pour Marie Curie que je ne connais que comme scientifique. Mais surtout parce que l'auteur allait en parler comme on n'en parle jamais, comme d'une femme en plus de la scientifique qu'elle était. Il nous la présente comme une femme éprise de science et d'amour. Les deux étroitement liés. Le radium, la lumière bleue, les recherches, Pierre, Blanche, Paul, le scandale, ...

Mais ce roman parle aussi de Blanche, de l'hôpital, de l'hystérie, de Charcot, de l'amour, ... 

Il est aussi question de Blanche Wittman, l'assistante du docteur Charcot à l'hôpital de la Salpêtrière où elle est traitée pour hystérie. Mais c'est aussi l'histoire de son amour pour Charcot, de l'amour de Charcot envers Blanche que nous livre l'auteur. De sa vie après la mort de Charcot, de sa vie auprès de Marie, des expériences sur le radium, de la maladie, ... Blanche est un personnage étrange, à la fois magnifique, insaisissable et perturbant. Elle déroute le lecteur. C'est à travers elle que nous découvrons Marie.

Mon ressenti face à ce livre est assez confus, les idées s'emmêlent. Dans le roman, il en va de même, les idées se croisent, se mêlent, se répondent et nous entraînent dans une histoire plus qu'étrange. Écrite dans un style assez particulier mais que j'ai pourtant apprécié.

Le style de l'auteur m'a bien plu. Il est poétique d'une certaine façon, pas réellement doux, parfois un peu rude. L'auteur nous livre son avis à plusieurs reprises. Cela ne m'a pas choqué outre mesure car ce sont plus des réflexions que de réelles prises de position.

Je conclurai en disant que c'est l'un des livres les plus étranges qu'il m'a été donné de lire et pourtant j'en ai apprécié la lecture. Je ne sais pas si je dois le conseiller ou non tellement il est particulier. Je pense qu'il peut plaire malgré l'histoire bizarre, le style un peu décalé.

Je ne sais pas si certains d'entre vous l'ont lu mais vos avis sont les bienvenus =)



mercredi 1 février 2012

Un jour de David Nicholls



Un jour 
David Nicholls


Éditions France Loisirs
689 pages

18,50 €









Résumé

Lui s’appelle Dexter, elle Emma. Il est séduisant, de bonne famille. Elle, modeste, ne se trouve pas jolie.
Un soir de 1988, ils font l’amour ; ils ne le réalisent pas mais c’est le coup de foudre.

Il va leur falloir 20 ans pour s’en rendre compte, chacun vivant de son côté, à Londres, en Inde ou à Paris. Ils se croisent, se cherchent, se retrouvent, se perdent, se disputent, se détestent... Ils s’aiment !


Mon Avis